La fin

La fin
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# Posté le vendredi 20 novembre 2009 01:41

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 10:14

Sève qui peut



Sève qui peut

Ma sève s'extravase et je n'ai plus de jus
Tel un arbre émondé, j'ai perdu tout feuillage
Je n'entends plus d'oiseaux au gentil babillage
Debout froid, mon cercueil attendra les intrus

L'automne m'a privé de tous mes attributs
Pour le reste mes bras serviront au chauffage
Quand sur mon crâne chauve une nuit se propage ;
Je suis comme vidé, aussi nu que confus

De montrer ma fierté au bord du marécage,
Où la lune en son bain, y fait du racolage
Mais là pour m'exciter il m'en faut beaucoup plus;

Le vent, seul, fait bouger mon unique jambage
Il extirpe du sol les pieds des plus ventrus
M'épargnant cette fois, par un simple élagage...

Le jeudi 19 novembre 2009 © Erdrek

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 07:00

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:24

Dans d'autres circonstances




Dans d'autres circonstances

Je voulais t'inviter pour la dernière danse
Dans un slow endiablé, un rock au ralenti
Mais j'ai le bec dans l'eau tout le monde est parti
Et toi tu as suivi dans cette transhumance

Me laissant seul éteint tirer ma révérence
Sur la piste étoilée, jonchée de confettis
Les miroirs embués ornés de graffitis
Dessinent le portrait de ton indifférence

Au seuil de ta bonté où j'avais abouti
Clignote un mot : Exit, sans aucun démenti
Ce n'était pas le lieu pour débiter mes stances

Ou dénuder mon c½ur trop souvent travesti,
Et j'ai le goût amer, bien plus qu'un ressenti
D'avoir aimé ce vide autant que ta présence

Le mercredi 18 novembre 2009 © Erdrek

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 07:46

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 07:12

Bouche à oreille



Bouche à oreille

Tandis que nous étions, par hasard, nez à nez
Et qu'au fil des mots nos tournures de langage
N'avaient plus les contours d'un simple bavardage
Nous nous tûmes, peut-être en avions-nous assez ?

De mener en bateau nos galères, où, chez
L'un l'autre, finissait l'immanquable naufrage
Quand de bouche à oreille, on partait à la nage
Menant l'eau au moulin où s'éclusaient les biez

Nos langues ont fourché, zélées de verbiage
Plus qu'une confidence au détour d'un breuvage
Alors que médusés par tous ces beaux discours

Nous étions arrivés jusque là sans ambages
Au bouche-à-bouche enfin nous avons eu recours
Ce qui ne fit qu'alimenter les commérages

Le lundi 16 novembre 2009 © Erdrek

# Posté le lundi 16 novembre 2009 06:09

Modifié le lundi 16 novembre 2009 09:55

Muséum

Muséum
Muséum

Un jour, de qui serons-nous les grands dinosaures ?
Espèce disparue, dont les seuls éléments
Orneront les musées, de piètres ossements
Comme on le fit jadis de nos vieux herbivores

Nos coutumes d'alors, les dieux que l'on honore
Vaudront des railleries ou des ricanements
Puisqu'à notre apogée dans un aveuglement
Nous n'aurons su gérer ni la faune et la flore

Sur la planète bleue, incolore, inodore
Hanterons-nous ces lieux devenus tristement
Célèbre écrin détruit méticuleusement

Exit le genre humain, qu'ici tout déshonore
Et fini avec lui l'espoir tout simplement
De ce monde meilleur, s'il ne s'améliore

Le lundi 9 novembre 2009 © Erdrek

# Posté le lundi 09 novembre 2009 05:01

Modifié le lundi 09 novembre 2009 09:22

Le désespoir des songes

Le désespoir des songes
Le désespoir des songes

Dans les sillons grêlés, gorgés d'astres, de lunes
Où stagnait ton odeur parmi les abat-jours
Sous des rideaux de fer, élégant de velours
Mon givre étincelant s'attaquait à ta dune

Décharge à ciel ouvert, cette fosse commune
Où tu te dérobais aux magies de vautours
Comme un cheval hélé par son cavalcadour
Endossant l'avarie des saumâtres lagunes

Je me voilais la face et mes yeux sans fenêtres
Ne voyaient plus le jour, celui qui m'a vu naitre
Avec le mors aux dents déchiqueté d'oiseaux

J'empruntais les sentiers fiévreux et volubile
Et filais droit devant, le vent dans les naseaux
Sans jamais tendre au but ou verser dans le mille

Le vendredi 6 novembre 2009 © Erdrek

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 16:19

Le Rasta blanc

Le Rasta blanc
Le Rasta blanc

J'ai croisé son regard, eu droit à un sourire
Sur ce pont proche d'un centre commercial
Le vent soufflait alors, froid, quasi glacial
Lui, son chien, l'écuelle en maigre tirelire,

S'offraient à l'air du temps ce luxueux zéphire
De la chaleur humaine, au chauffage central
J'ai pensé : quel gâchis ! Voyant ce marginal
A ce point démuni, qu'un reste pu suffire.

Dans sa lente dérive, un an passé, au pire
Je l'ai revu ailleurs, plus bas que le mistral
Les pieds ensanglantés, beaucoup moins jovial

Son chien, bien qu'amaigri, goûtait à son martyre
Fidèle compagnon, presqu'à bout, lui aussi
Et moi qui consultais en analyse un psy...

Le samedi 31 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le samedi 31 octobre 2009 08:01

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:26

Le c½ur septentrion

Le c½ur septentrion
Le c½ur septentrion

Dans la marche du temps j'enviais la rectitude
Des statues dans le parc, des grands arbres figés
Qui à la même enseigne étaient ici logés
Mais gardaient le front haut et la sobre attitude

Ces instants à flâner en toute quiétude
Me font sentir parfois que c'est moi l'obligé
Ne sachant qui héberge ou qui est l'hébergé
J'ai toujours avec eux cette similitude

En vie, j'envie, janvier et les jours qui rallongent
Le besoin d'échapper au temps qui de sa longue
Vous tient comme en respect, mais tente d'abréger

La souffrance infligée par la corrosion,
Mais sur mon corps moussu aucun fruit du verger
Ni de pomme d'amour au c½ur septentrion.

Le mercredi 28 octobre 2009 © Erdrek
Illustration : Esprit de la forêt by Odilon Redon

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 08:13

Noir Absolu

Noir Absolu
Noir Absolu

Je me consume dans le noir
Là où l'on ment comme on respire
Pour que la lumière y transpire
Ainsi qu'une lueur d'espoir

Dans les secrets de mes tiroirs
Percée à jour, si je m'en tire
Mon sang ne saurait vous maudire
Vos yeux étaient mes éteignoirs

Dans l'outrenoir qui me soulage*
Je ne vois que des avantages
A ne rien laisser entrevoir

Si vous saviez ce qui m'inspire
M'auriez-vous laissé l'autre soir...
Pour qu'à grands jets, je puisse écrire.

Le lundi 26 octobre 2009 © Erdrek

Hommage à Pierre Soulages

# Posté le lundi 26 octobre 2009 08:36

Modifié le mardi 27 octobre 2009 13:13

Démarchage à domicile

Démarchage à domicile
Démarchage à domicile


Sans prendre rendez-vous, (mais après tout qu'importe)
Elle avait fière allure en faisant les cent pas,
Et promettant la vie derrière le trépas
Sur mon seuil délabré où s'offusquait ma porte

Si l'on ne vit jamais de mise de la sorte,
Ses joues trop colorées par des mensonges gras
Semblaient ses seuls atouts qui lui servaient d'appas ;
Mais sa bouche édentée gâchait sa mine accorte

De sa langue bifide, un galimatias
Mêlait bibliquement les relents d'un repas
Aux contre-vérités de sa nature morte

« La dépense est minime » alors que j'étais las !
Des paradis perdus, vendus en porte à porte
Qui vous tiennent au chaud dans le monde d'en bas

Le mercredi 21 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 06:28

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 14:52