Le désespoir des songes

Le désespoir des songes
Le désespoir des songes

Dans les sillons grêlés, gorgés d'astres, de lunes
Où stagnait ton odeur parmi les abat-jours
Sous des rideaux de fer, élégant de velours
Mon givre étincelant s'attaquait à ta dune

Décharge à ciel ouvert, cette fosse commune
Où tu te dérobais aux magies de vautours
Comme un cheval hélé par son cavalcadour
Endossant l'avarie des saumâtres lagunes

Je me voilais la face et mes yeux sans fenêtres
Ne voyaient plus le jour, celui qui m'a vu naitre
Avec le mors aux dents déchiqueté d'oiseaux

J'empruntais les sentiers fiévreux et volubile
Et filais droit devant, le vent dans les naseaux
Sans jamais tendre au but ou verser dans le mille

Le vendredi 6 novembre 2009 © Erdrek
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 16:19

Le Rasta blanc

Le Rasta blanc
Le Rasta blanc

J'ai croisé son regard, eu droit à un sourire
Sur ce pont proche d'un centre commercial
Le vent soufflait alors, froid, quasi glacial
Lui, son chien, l'écuelle en maigre tirelire,

S'offraient à l'air du temps ce luxueux zéphire
De la chaleur humaine, au chauffage central
J'ai pensé : quel gâchis ! Voyant ce marginal
A ce point démuni, qu'un reste pu suffire.

Dans sa lente dérive, un an passé, au pire
Je l'ai revu ailleurs, plus bas que le mistral
Les pieds ensanglantés, beaucoup moins jovial

Son chien, bien qu'amaigri, goûtait à son martyre
Fidèle compagnon, presqu'à bout, lui aussi
Et moi qui consultais en analyse un psy...

Le samedi 31 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le samedi 31 octobre 2009 08:01

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:26

Le c½ur septentrion

Le c½ur septentrion
Le c½ur septentrion

Dans la marche du temps j'enviais la rectitude
Des statues dans le parc, des grands arbres figés
Qui à la même enseigne étaient ici logés
Mais gardaient le front haut et la sobre attitude

Ces instants à flâner en toute quiétude
Me font sentir parfois que c'est moi l'obligé
Ne sachant qui héberge ou qui est l'hébergé
J'ai toujours avec eux cette similitude

En vie, j'envie, janvier et les jours qui rallongent
Le besoin d'échapper au temps qui de sa longue
Vous tient comme en respect, mais tente d'abréger

La souffrance infligée par la corrosion,
Mais sur mon corps moussu aucun fruit du verger
Ni de pomme d'amour au c½ur septentrion.

Le mercredi 28 octobre 2009 © Erdrek
Illustration : Esprit de la forêt by Odilon Redon

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 08:13

Noir Absolu

Noir Absolu
Noir Absolu

Je me consume dans le noir
Là où l'on ment comme on respire
Pour que la lumière y transpire
Ainsi qu'une lueur d'espoir

Dans les secrets de mes tiroirs
Percée à jour, si je m'en tire
Mon sang ne saurait vous maudire
Vos yeux étaient mes éteignoirs

Dans l'outrenoir qui me soulage*
Je ne vois que des avantages
A ne rien laisser entrevoir

Si vous saviez ce qui m'inspire
M'auriez-vous laissé l'autre soir...
Pour qu'à grands jets, je puisse écrire.

Le lundi 26 octobre 2009 © Erdrek

Hommage à Pierre Soulages

# Posté le lundi 26 octobre 2009 08:36

Modifié le mardi 27 octobre 2009 13:13

Démarchage à domicile

Démarchage à domicile
Démarchage à domicile


Sans prendre rendez-vous, (mais après tout qu'importe)
Elle avait fière allure en faisant les cent pas,
Et promettant la vie derrière le trépas
Sur mon seuil délabré où s'offusquait ma porte

Si l'on ne vit jamais de mise de la sorte,
Ses joues trop colorées par des mensonges gras
Semblaient ses seuls atouts qui lui servaient d'appas ;
Mais sa bouche édentée gâchait sa mine accorte

De sa langue bifide, un galimatias
Mêlait bibliquement les relents d'un repas
Aux contre-vérités de sa nature morte

« La dépense est minime » alors que j'étais las !
Des paradis perdus, vendus en porte à porte
Qui vous tiennent au chaud dans le monde d'en bas

Le mercredi 21 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 06:28

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 14:52

Destin d'un cancre

Destin d'un cancre
Destin d'un cancre

Puni, il se ronge les sangs
Lorsqu'il a pris une cartouche
Mais au fond plus rien ne le touche
Surtout pas ces balles à blanc

Portant bonnet au dernier rang
L'âne souvent bottait en touche
Bouche ouverte gobant les mouches
Le regard flou, le parler franc

Alors près du radiateur
Germe la graine d'un auteur
Les mots sur papier, il les couche

Avec des fautes de français
Faudra du temps pour qu'il accouche
Combien de temps ? Nul ne le sait !

Le lundi 19 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le lundi 19 octobre 2009 16:22

Modifié le lundi 19 octobre 2009 16:35

Tropiques

Tropiques

Tropiques

Se pourrait-il qu'un trait aussi rigide et dur
Posté à l'horizon, devienne courbe douce
Au lent déhanchement proche d'une secousse
Le fessier rebondi d'un ciel plat comme un mur

Là où flotte la houle éprise d'un air pur
Rapetissent les mâts, sans s'occuper du mousse
Dans cet écroulement où la mer se trémousse
Mon long bras pointe au loin son ombre dans l'azur

Ainsi nue, s'insinue, la belle métaphore
Cristallisant les mots sortis de leur amphore
Ces jarres de porphyre où séjournent les morts

Quand le prisme des yeux devient multicolore
Qu'une lueur s'égare au monde qui s'endort
Et dans ma main cet astre épouse un photophore

Le samedi 17 octobre 2009 © Erdrek

# Posté le samedi 17 octobre 2009 16:12

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 15:06

Vomissures de l'âme

Vomissures de l’âme
Vomissures de l'âme

Lorsque du revers d'un couteau
J'étale ma déconfiture
Beurré, je n'ai pas fière allure
Vomissant trippes et boyaux

Sur les murs cette salissure
Que je lessiverai à l'eau
Remplirait bien un tombereau
Si ce n'était de l'écriture

Acte de bravoure ou bavure
Veines qui coulaient mes vaisseaux
Sans gain, errants à fleurs de peaux

Réduits en poudre, en conjecture
Les mots que je jette en pâture
Sont pour des appétits d'oiseaux

Le jeudi 8 octobre 2009 © Erdrek
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 04:19

Les petites Baïnes

Les petites Baïnes
Les petites Baïnes

C'est machinalement que j'emboitais le pas,
Sur le sable mouillé, d'une empreinte encor fraiche
Le soleil matinal entamait son long prêche
Pour ses adorateurs, pas très nombreux, hélas

Mais qui croient ce qu'ils voient autant que St Thomas.
C'était un pied menu, léger comme une lèche
Probablement celui d'une horrible pimbêche
Et certainement pas celui d'un fier-à-bras

Puis la trace s'estompe en lisière de l'eau
Aurait-elle plongé, emprunté un radeau ?
Personne à l'horizon, cela semble bizarre

Je me dis que peut-être, elle a fait le grand saut
Tenté de s'envoler comme le jeune Icare
Ou marcher sur les flots, à l'insu des badauds

Le dimanche 27 septembre 2009 © Erdrek
texte écrit au Cap avant de partir, et oublié dans un coin

# Posté le jeudi 08 octobre 2009 16:25

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 16:09

Brigitte Fontaine

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 07 octobre 2009 15:13