Faut-il en rire ?

Faut-il en rire ?
Faut-il en rire ?

Ce qu'il y a d'humain dans l'homme est son sourire
C'est ce qui le distingue ainsi de l'animal
Mais dans la cruauté, il n'a pas son égal
Quand capable du mieux il peut faire le pire

Il n'a donc rien appris hormis lire et écrire
Puisque son seul but est de répandre le mal
Avec la loi pour lui, tout ou presque est normal
Et pourtant la dessus il y-a beaucoup à dire

Rire n'a rien d'humain lorsqu'il est bestial
Alors qu'on en est qu'au stade expérimental
Il n'a pas les vertus de l'air que l'on respire

Pronostic engagé en aucun cas vital
Car dieu ne rit jamais, sous son masque de cire
Et l'homme à son image est-il l'être idéal ?

Le vendredi 10 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le vendredi 10 juillet 2009 04:50

A l'ombre de la mer

A l'ombre de la mer
A l'ombre de la mer

Les amarres rompues et en déliquescence
J'ai choisi de dormir aux grandes profondeurs
Rien n'est beau en surface, ici-bas les splendeurs
De ce monde aquatique aussi désert que dense

Une opaque clarté, d'un bleu tout en nuance
Estompe les détails et voile l'impudeur
Qui dans un flottement de timide tiédeur
Fera me balloter, bercer comme en enfance

Sur un banc de poissons, non loin, le commandeur
Me rappelle à souhait l'insistante présence
Et ce festin de pierre en ultime pitance

Done Elvire à mes pleurs avec tact et froideur
Pose son doigt tremblant sur ma bouche en silence
Où mon âme est scellée, mais mon corps ce condense

Le jeudi 9 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 09 juillet 2009 07:29
Modifié le vendredi 10 juillet 2009 10:52

Amour dont j'ai connu...

Amour dont j'ai connu...
Amour dont j'ai connu...

Amour dont j'ai connu les affres et doux heurts
Laissez-moi maintenant, ça n'a plus d'importance
Je n'accepte aujourd'hui que les condoléances
Pour ma vie de dépit et de petits bonheurs

Moi qui parmi les vers n'était que le souffleur
Et qui d'un condamné assume la sentence
Je marcherai loin d'eux, à égale distance
La faute sans doute à notre dame des fleurs

Dont j'évite l'éclat miroitant des rosaces
Et j'ai pour cela des cailloux dans ma besace
Ses buts ne sont pas ceux auxquels s'attend mon c½ur

Mes yeux d'amour aveugle ont quelques clairvoyances
Quand j'extrais d'une chair la divine liqueur
C'est armé d'une lance et au bout ma semence

Le mercredi 8 juillet 2009 © Erdrek
A Jean Genet
# Posté le mercredi 08 juillet 2009 05:29
Modifié le mercredi 08 juillet 2009 15:25

Endymion

Endymion
Endymion

Vous qui a mon chevet attendez que j'expire
Et me tenez la main dans un geste touchant
Savez-vous si mes yeux abordent le couchant
Dans les bras de Morphée qui arbore un sourire

Vous m'avez soutiré tout ce que j'ai à dire,
Ecouté m'accorder à la teneur des chants
Tiré les vers du nez, ça c'est moins alléchant
Car il faut que la faux sue mais aussi respire

Miroitant dans le noir d'un appétit tranchant
Vous prêtiez à ma lyre tous les sons du délire
Afin que nul ne puisse hormis vous les traduire

Vous exhaussez mes v½ux, mes plus faibles penchants
Ornant mon piédestal de ce masque de cire
Eternellement mort ou vif ne le sachant

Le mardi 7 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 07 juillet 2009 07:04
Modifié le vendredi 10 juillet 2009 02:27

La petite mort

La petite mort
La petite mort

Parfois quand je m'endors, je pars à la dérive
Je vogue sur la mer de la sérénité
Quand mon corps se dilue perdant d'intensité
Et qu'au bout du chemin j'accoste l'autre rive

Silence assourdissant que la nuit enjolive
Où des formes nimbées dans cette opacité
Echappent à mes yeux et leur sagacité
Et m'empêchent ici que je les retranscrive

L'une d'elle est si belle il faut que je la suive
Son voile transparent masque sa nudité
Mon désir est réel et je suis transporté

Alors je fais le mort, quelques fois j'y arrive
Pour perdurer mon rêve à force je m'esquive
Sachant qu'à mon réveil, je suis ressuscité

Le mardi 7 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 07 juillet 2009 03:34
Modifié le mardi 07 juillet 2009 07:12

Décryptage

Décryptage
Décryptage


On ne s'y fait jamais au mieux on s'accoutume
Dès qu'on voit une ride, au premier trait tiré
Alors on se figure être défiguré
La vie nous fait porter de drôles de costumes

Augurant par la taille, une gloire posthume
Quand par trop évasé d'un esprit égaré
Il vous bronze sur pied lorsqu'il est trop cintré
En somme à l'extérieur, tout ce qu'un jour nous fûmes

Sorte d'ombre portée par nos misérérés
Contrastes saisissants d'écume et de bitume
Et moi qui tiens la ligne en simple liseré

Apparemment intact, au dedans délabré
J'aspire à l'encrier pour y noircir ma plume
Avec tout le dégoût de celui que j'exhume

Le lundi 6 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le lundi 06 juillet 2009 09:49
Modifié le mardi 07 juillet 2009 11:05

Des fleurs dans les trous de nez

Des fleurs dans les trous de nez
Des fleurs dans les trous de nez*

Alors que mon corps vide, est lui resté couché
Errante sur les près, sur les champs, dans la plaine
Il y flotte une odeur au vieil air de rengaine
Le flacon de mon âme était mal rebouché

Un parfum, dont quelqu'un s'est peut-être entiché
Doux mélange de thym, marjolaine et verveine
Qui sied très bien au teint de nacre et porcelaine
Pour qui veut s'afficher parfois endimanché

Qu'il se taise et qu'il vole et suive une mondaine
En cortège fleuri aux places du marché
Puis derrière un bosquet sans égard qu'il l'entraine

Elle à Choisy-le-Roi quant à lui Bourg-la-Reine
Dès qu'elle ouvre la bouche au galant écorché
C'est l'alène d'un mort à fort mauvaise haleine

Le dimanche 5 juillet 2009 © Erdrek
* extrait de la chanson : la camarde, de Francis Weill
# Posté le dimanche 05 juillet 2009 00:31
Modifié le lundi 06 juillet 2009 05:25

Palimpseste

Palimpseste
Palimpseste

J'ai jeté trop souvent des paroles en l'air
Des mots doux, des mots dés, à de sourdes oreilles
Mais au ciel rien n'y fait, je vous le déconseille
S'il répond, à coup sûr : c'est d'un vibrant éclair

De la côte d'azur à la côte vermeille
Là où l'on croit toujours qu'il n'y a pas d'hiver
J'ai écrit sur le sable au feeling ou au flair
Mon esprit échauffé par le jus d'une treille

Bien que ne portant pas de pantoufles de vair
Je ne pèse pas lourd ou légère est la chair
M'acharnant à écrire alors que je sommeille

Mes mots ont disparu sans brumes par temps clair
Et tout est à refaire avec la nonpareille
Autant sur ce papier où il en va de pair

Le samedi 4 juillet 2007 © Erdrek
# Posté le samedi 04 juillet 2009 02:10
Modifié le samedi 04 juillet 2009 04:33

Rébus au rebut

Rébus au rebut
Rébus au rebut

Toi dont si bien la terre épouse les entrailles
Quand mes os contenus font barrage à l'intrus
Mes sentiments pour toi restent assez confus
Tant de fois j'ai voulu rompre nos fiançailles :

Mariage forcé ressemble aux funérailles
Sur la croix qui je crois appartint à Jésus
J'ai juré que jamais on ne m'y prendrait plus
Mais damnée en années j'irai où que tu ailles

Sans pouvoir me soustraire aux moindres représailles
Chat gris nez, cent sous six : au rebut mes rébus
Quand les ombres s'entêtent à d'antiques tailles

Faisant bloc aux statues qui ne respirent plus
Moi, galeuse brebis d'un troupeau sans ouailles
Je mangerai mon reste à l'abri d'un talus

Le vendredi 3 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le vendredi 03 juillet 2009 03:51
Modifié le dimanche 05 juillet 2009 04:28

Le brassard noir

Le brassard noir
Le brassard noir

Je suis parti de rien, arrivé nulle part
Rendu sans le savoir à mon point de départ
Alors obstinément comme font la plupart
Je décide un peu tard, de faire un grand écart

J'arrive au même endroit un peu plus en retard
Ça me met hors de moi et me disant : pétard
Le piège est évident, flairant le traquenard,
C'est sûr elles m'ont pris pour un pauvre tocard

Les parques m'ont tissé un bien mauvais brocart
Mais je ne le crois pas et cela mis à part
Plus je pars à l'avance et plus je rentre tard

J'ai posé la question, malgré moi, par hasard
Et j'ai eu le fin mot de l'histoire, eu égard
En bandeau je portais ce funeste brassard

Le dimanche 21 juin 2009 © Erdrek
# Posté le mercredi 01 juillet 2009 22:43
Modifié le jeudi 02 juillet 2009 04:34