Zeugma

Zeugma
Zeugma

Des zincs au zigouigoui où coulissent mes vers
Ce qui peut achopper et qui sans doute affleure
Sur ma peau enhardie d'une main qui l'effleure
Emergent des écueils, où l'on voit à travers

Des flores déflorées, zébrées sur le revers
Des lieds, un mal d'aurore en dernière demeure
Je vis au temps d'Aumale, et me berce en doux leurre
Enlisé que j'étais dans mon piètre univers

Aux zincs, zonent des zigs, zinzolins zingaros
Zigzagant pour zyeuter les zutiques zozos
Je m'accroche à l'envie, la tête la première

Et comme un point sauteur qui fait son numéro
J'avais quitté ma chambre avec ma chambrière
Pour dresser les chevaux, autant que ma crinière

Le mercredi 7 octobre 2009 ©Erdrek

# Posté le mercredi 07 octobre 2009 09:01

Modifié le mercredi 07 octobre 2009 12:02

La viande de brousse

La viande de brousse
La viande de brousse

J'arrive à mon hôtel, paumé dans la cambrousse
Sous un soleil de plomb, harassé, ruisselant
Et demande ma clé au portier nonchalant
Qui me propose en sus, d'une viande de brousse :

« Voulez-vous la lumière ? » En me montrant son pouce
Je souscris l'option, du reste d'un allant
Après un laps de temps sur mon lit, somnolant
Déjà prêt à sombrer, sous la chaleur plus douce

J'imagine un bon bain : pas d'eau, et une mousse ?
Une bière bien fraiche ? Aucun équivalent
Mais Macache Bonnot, c'en devient désolant

Puis on frappe à la porte, une forte secousse
J'ouvre et vois, une femme alors qui s'y trémousse
« La lumière c'est moi » dit-elle en rigolant

Le dimanche 4 octobre 2009 © Erdrek
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# Posté le dimanche 04 octobre 2009 02:05

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 02:46

Hors saison

Hors saison
Hors saison

Alors qu'un vent de terre irisait la dunette
Le clapotis de l'eau consignait ses embruns
Dans un calme précaire autant qu'hors du commun
On pouvait végéter, le cul sur sa serviette

Quand : ni une, ni deux en comptant jusqu'à Sète
Le Saint Clair s'éclipsait devenant le cap Brun
le ton était donné, du reste inopportun
De sillonner le large à pêcher la crevette

La plage romantique où se risquaient des tas
D'individus suspects en quête d 'autres cas
N'avait plus les attraits de la bonne franquette

Rangés les parasols, pliés les matelas
Derniers jours, derniers bains, mais la mine replète
Demain on sonnera l'heure de la retraite

Cap d'Agde,
Le samedi 26 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le samedi 03 octobre 2009 09:43

L'Ire réversible

L'Ire réversible
L'Ire réversible

Contre la larme à l'½il qui trouble l'utopique
Enchantement du soir avec qui j'ai flirté
Contre ce c½ur qui flanche à peine transplanté
Mais redonne la vie au désert bucolique

Contre les inconforts de ma fébrilité
Qui auront eu raison de mon état critique
Contre l'idée reçue qu'ici je décortique
Sur le croc du boucher, bras en croix, comme enté

Comme une onde légère « on the air » extatique
Sous la paupière enflée de notes lymphatiques
Quand s'annonçait le jour c'est la nuit qui venait

Dans cet édulcorant sublime et pathétique
Où folâtrait l'ennui, à mes poings résignés
Baigneuses efflanquées, d'un lac eucharistique

Le lundi 21 septembre 2009 © Erdrek
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# Posté le vendredi 02 octobre 2009 09:32

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 10:59

L'Odyssée ou d'ailleurs

L'Odyssée ou d'ailleurs
Odyssée ou d'ailleurs

J'ai toujours eu envie d'aller vers l'eau de la
Mer puiser l'amertume en d'insondables flaques
Chérubin de minuit, tout juste tête à claques ;
Mes mains dans sa tignasse et pas de Loyola

Percer son ossature en Charybde et scylla,
Plonger ma langue au fond des abyssaux cloaques
Essuyant des refus, au cours de longues traques
Pour enfin m'installer, en criant : inch' Allah !

Du temple azuréen aux aqueuses baraques
Afin d'en savoir plus, sur là où tu bivouaques
J'ai toujours eu envie d'aller vers l'au-delà ;

Même si ça me coute : un bras ou quelques plaques
Voir sous ta crinoline et tout ton falbala
Comment la raie écume au joli tralala

Le jeudi 1er octobre 2009 © Erdrek

# Posté le jeudi 01 octobre 2009 17:49

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 16:09

Le joug d'une sultane

Le joug d'une sultane
Le joug d'une sultane

Une vague épuisée par un trop long voyage
Vint mourir à mes pieds, où j'écrivis ci-gît
Sous son grand manteau bleu le visage interdit
Je l'ais cru échappée ou venant d'un autre âge

Comme si voir le jour est encore un outrage
Ou qu'un mot pèse plus, dès lors qu'il est écrit
Peut-on vivre sa vie simplement par dépit ?
En rêvant du soleil à travers un grillage

Sa Burka indigo, sur ses yeux vert-de-gris
Est une offense au ciel, qui la tient en mépris
Sous sa chape de plomb toute de cellophane

Opaque et transparente à même les débris
Quand la mer à son tour devient la femme Afghane
Son voile est un silence étouffé par des cris

Le vendredi 25 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le mardi 29 septembre 2009 06:20

Modifié le mardi 29 septembre 2009 18:21

Vers dépolis

Vers dépolis
Les vers dépolis

Ce qui fut clair en moi, désormais s'assombrit
Je le dis posément, étant parfois espiègle
Et c'est ainsi pour tout, rien n'échappe à la règle
Sans que j'en sois l'auteur, laissez m'en le crédit

Le torrent pur et dur qui s'échappe du lit
Engendre le blé noir à la place du seigle
Le glacier qui s'éteint, le temps qui se dérègle
Etonnent l'érudit comme un simple d'esprit

Dans l'eau trouble un poisson dès lors que tout chagrine
Se dit qu'il vaudrait mieux éviter c'te cantine
Qu'avancer vers la mort d'un pas de sénateur

Dans ce vieux lupanar dévolu aux ondines
Sous un ciel garancé, plus beau que moi tumeur
Faut-il fermer les yeux quand le mal prend racines ?

Le jeudi 24 septembre 2009 © Erdrek
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# Posté le lundi 28 septembre 2009 18:12

Modifié le mardi 29 septembre 2009 06:17

Les échoués

Les échoués
Les échoués


Au drugstore à dealer les yeux de l'adulée
Je réchauffe mon corps sous l'effet graduel
D'un soleil emmiellé qu'équarrissait le ciel
Là, jeté par hasard, auprès de la mêlée

La voici, la smala, à la grande assemblée
Des fausses canopées de parasols cruels
Qui cachent les fessiers, des astres sensuels
Ça ne tourne pas rond ? : la faute à Galilée ;

Allongée, tout son long, à dorer sa pilule
Blanche comme un cachet à côté des cachous
Les galets en dragées, l'enrobaient de bijoux,

Ses formes arrondies, où lovait sa capsule
Formaient un lit douillé de fines particules
Dont les flots indigents semblaient encor jaloux

Le mercredi 23 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le lundi 28 septembre 2009 04:30

Voir mourir l'été

Voir mourir l'été
Voir mourir l'été

Les volets clos, sous un rideau baissé
La station balnéaire s'exporte
La foule transmutée en houle forte
M'avait même éconduit, voire expulsé

L'astre du jour, pas encor éclipsé
Jette un magma sanguin hors de sa porte
Où Vénus à embarqué son escorte,
Ce qui m'a un peu décontenancé

La mer s'ombrait sur son lit magistral.
Qu'ornaient des oiseaux du V hivernal ;
Horizon étoilé que l'on déporte

Au camp dont on sait la finalité
L'histoire se renouvelle, qu'importe
Je ne voulais plus voir mourir l'été

Le Cap d'Agde, décasyllabe
Le mardi 22 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 10:09

Modifié le mardi 29 septembre 2009 16:03

Mes Oxymores

Mes Oxymores
Mes occis morts

A vouloir se parler, toujours pour ne rien dire
Je maudissais l'amour d'une adorable haine
Nos lentes réparties tels de prompts revenants
Dérangeaient à la fin, pour nous classer sans suite

A la sente, acculé j'ai fui, le temps maussade
Hanté par cet esprit dénué de jugeote
J'arpentais le jardin des floraisons fanées
Pensant à nos instants de brève éternité

Dans l'air saturé d'arides solutions
La tiédeur désuète de l'actu brulante
Aux fraicheurs périmées sous la bise statique,

Tristement joviale en ce désert mondain,
Avait laissé place aux rêveries organiques
Qu'aurais-je eu à gagner en espérant me perdre

Barcelone, le vendredi 11 septembre © Erdrek
Vers libres,
Terminé à Marseille le vendredi 9 octobre 2009

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 16:11

Modifié le vendredi 09 octobre 2009 07:04