L'orgie du marasme

L'orgie du marasme
L'orgie du marasme

Voici venir, ma mie, la grande pandémie
Celle avec un grand A, n'est pas la crise d'asthme
Elle fait fuir chacun dont l'incrédule phasme
Classant la peste noire au rang de bonhomie

Nous sommes revenus au temps du cataplasme
Sur les jambes de bois, douce démagogie
Un sermon aux traders, masque la gabegie
Ajoutant à nos plaies un mauvais pléonasme

L'économie foirait, adieu l'enthousiasme
Les banques débloquaient le crédit par magie
Pour colmater les trous avec des effigies

« L'éloge du marasme » aurait pu dire Erasme
Où donc était passé le salutaire orgasme
Quand pour se mettre au vert, on chauffe à la bougie

Le vendredi 18 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le vendredi 18 septembre 2009 15:51

Modifié le samedi 19 septembre 2009 03:28

La Baronne rampante

La Baronne rampante

La baronne rampante

Son vague bras d'honneur repousse mes avances,
Elle fait le dos rond, hérissée comme un chat
Me jetant au visage une pluie de crachats
Dont le goût très salé, semble aussi un peu rance

Elle a l'air indignée par ma persévérance
A soulever sa jupe, en lui faisant du plat
Croyant que sa pudeur se prête l'attentat
Sa mousseline d'ambre écume de démence

Lorsque la mer se forme où sont les candidats ?
L'eau froide n'est pas lieu à pousser la romance
Tout y devient flapi, pâle bleu chocolat

Si le ciel menaçant parait de connivence
C'est un autre sujet, pour de futurs ébats
Mais il est encor tôt pour les condoléances

Le jeudi 17 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 15:38

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 03:03

La mort du petit cheval

La mort du petit cheval
La mort du petit cheval

En rangs serrés, le teint blafard
D'Oulan-Bator les Huns macabres
Le sabre au clairon qui se cabre
Déferlaient les uhlans bâtards

Plus de pompon qui pend aux arbres
L'ordre des hordes, des hussards
Plus égrillards que des soudards
Ou ces mafieux de Calabre

Temps des cerises plutôt glabres
On ma raconté que par là
L'allemand ne passerait pas

Il pleuvait bergère de Fabre
Adieu les trains Paris Stuttgart
Et la main rose de Ronsard

Le mercredi 16 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le mercredi 16 septembre 2009 01:03

Modifié le lundi 28 septembre 2009 17:11

Le carré des indigents

Le carré des indigents
Le carré des indigents

Le sable est tout tassé, au fond du sablier
On peut le retourner car le temps n'est pas stable
Et on le voit filer c'est tout à fait palpable
Quand il s'est écoulé, vide est le cendrier

Tu peux courir alors, voir chez ton marbrier
S'il peut t'offrir un lit, à défaut une table
Mais sans les tabourets, ça n'est pas confortable
Préfère-lui Lachaise agréable au fessier,

Le confort en ce lieu est chose appréciable
On y côtoie des stars ou des gens admirables
Loin du vacarme sourd, du neuf trois ouvrier

Si dans les beaux quartiers tout est inabordable
Les âmes sont en or ; pas toujours charitables
là où les huiles sont, il faut vingt négriers

Le lundi 14 septembre 2009 © Erdrek

# Posté le lundi 14 septembre 2009 11:00

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 08:48

Wolfgang Amadeus Phoenix




Déjà un peu la tête ailleurs,

# Posté le mardi 01 septembre 2009 02:20

Fuites d'encre (2èm version)

Fuites d'encre (2èm version)
Fuites d'encre

Le soleil de mes nuits est couleur opaline
Ses rayons si faiblards rendent tout indistinct
Réveillant chez certains les plus bas des instincts
Chez moi il ne répand que de l'encre de Chine

Avec les traits tirés, le matin je clopine
Tant que je n'ai pas pris un déjeuner succinct
Retrouvé mes esprits, le tout dans un corps sainct*
Puis je vais secouer le fils de Proserpine

Contingence à laquelle, on doit tous se plier ;
Tant que j'ai du papier et un plein encrier
Je n'ai d'autres besoins quand je suis aux latrines

Et dans ce lieu commun, sans cérémonial
Mon derrière distrait y lira des lettrines
Sur ce siège accueillant qui trône impérial

Le lundi 31 août 2009 © Erdrek
* ancien français, et parce que ça m'arrange pour la rime

# Posté le lundi 31 août 2009 12:15

Modifié le mardi 01 septembre 2009 07:57

La nuit porte chemise

La nuit porte chemise
La nuit porte chemise

Les jours rapetissant, je l'entends qui entonne
Son long chant ténébreux à couper le sifflet
Ainsi qu'un chat-huant brisant de son caquet
Le silence épuisé de l'été qui s'automne

Si la fatigue aidant, ma force m'abandonne
Au loin s'estompe enfin son sinistre couplet
M'apprêtant à dormir, ce fichu gringalet
A remis le couvert, à présent il fredonne

Minerve a qui l'oiseau sert de stupide objet
Ne le supportant plus, tord le cou du poulet
Car tout ce qui a plu, ne l'a plus à la bonne

Je connaissais la cause en voici les effets
Ma planche de salut déjà on la savonne
Un jour on brulera même des feux follets

Le dimanche 30 août 2009 © Erdrek

# Posté le dimanche 30 août 2009 06:19

Modifié le dimanche 30 août 2009 16:32

Les zombies

Les zombies


Les Zombies

La vie c'est l'insomnie, comme un rêve éveillé
Sur lequel il ne faut pas trop s'appesantir
On ne sait jamais où, ni comment atterrir
Alors que dans son corps aussi bien chevillé...

Mieux vaut rester couché d'un ½il ensommeillé ;
On cesse de vieillir, je peux le garantir
Sauf si vous trainez trop vous risquez d'en pâtir
Avoir un look d'enfer est plutôt conseillé.

Il faut mourir un peu, pour apprendre à partir
Retournons roupiller ! Bardés de souvenirs,
Nous pourrons submerger nos soyeux oreillers

Ou tous les capitons de nos bières vêtir ;
Longue sera la nuit, nous tenant habillés
Au cas où, pour certains, il faudrait revenir

Le jeudi 27 août 2009 © Erdrek
A Jean Cocteau

# Posté le jeudi 27 août 2009 08:49

Modifié le samedi 29 août 2009 10:06

Lourd tribut

Lourd tribut
Lourd tribut

J'avais cru un instant que tu ne viendrais plus
Alors que s'éteignait mon antique veilleuse
Tu me pris dans tes bras, telle une nébuleuse
Enveloppée d'accords comme des sons diffus

Je me donnais à toi sur le ton du refus
Dans l'enclos délabré de cette nuit houleuse
Où tes doigts m'ont parus jouer à la glaneuse
S'emparant d'un épi encor gorgé de jus

Sous les pierres grêlées des filaments rompus
Ma voix démaillotée par ta langue noueuse
Décortique un cantique à l'ombre caverneuse

Dans l'onyx de tes yeux, j'ai vu mes attributs
Te payer en retour avec de lourds tributs
Dont à aucun moment, tu n'as semblé honteuse

Le mercredi 26 août 2009 © Erdrek

# Posté le mercredi 26 août 2009 01:36

Modifié le mardi 01 septembre 2009 23:42

Le fond de l'oeil

Le fond de l'oeil
Le fond de l'½il

Sur la face cachée des yeux
Sait-on vraiment ce qui s'imprime
Un camaïeu de couleurs prime
Au tableau noir pour mots crayeux

L'ultime adieu aux rêves pieux
Des souvenirs que l'on supprime
Quelques moments d'une déprime
Parmi d'autres qui sont joyeux

De soi on y trouve l'estime
Même si elle est très minime
Pour en faire l'état des lieux

De l'intime, à la haute cime,
Cette flamme qui nous anime
Se nourrit du pire et du mieux

Le mardi 25 août 2009 © Erdrek

# Posté le mardi 25 août 2009 04:03

Modifié le mercredi 26 août 2009 08:42