Champs de leurres

Champs de leurres
Champs de leurres

Corps, hall de gare happé par des filles en fleur
Quand je suis bouche bée prêt à gober la mouche
Je voudrais que ma bouche à ta bouche s'abouche
Et qu'on puisse accoucher pas que dans douleur

Ne plus faire son lit, qui est comme on se couche
Dans les roses finir au tapis, beau parleur
Après s'être pâmé reprendre des couleurs
Etat d'embryonnaire à nos cellules souches

Regarder le désastre et mesurer l'ampleur
Se dire qu'après tout c'était une escarmouche
Et que ton maquillage a besoin de retouches

Lorsqu'on n'a pas vu les signes avant-coureurs
Prendre un bain de soleil aux premières lueurs
Emperlé de rosée comme après une douche

Le vendredi 12 juin 2009 © Erdrek
illustration: "filles en fleur" de odilon redon
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# Posté le vendredi 12 juin 2009 00:11
Modifié le vendredi 12 juin 2009 04:39

Prise de risques

Prise de risques
Prise de risques

Plus rouge qu'un homard, Shérif devant ça bisque
Est-ce qu'il valait mieux que j'esquive l'esquif
Il faut se préserver d'un jugement hâtif
Ce qui fait qu'à kiffer on peut prendre des risques

Au lieu des sentiments sortir les grands poncifs
Ou à portée de main tenir un bon lexique
Ce que je crains au pire : est qu'on me le confisque
Dans ce cas seulement demeurer évasif

Car pour se mesurer avec une odalisque
Je n'ai pas hésité à tailler dans le vif
Evitant une entorse ou le coup de canif

Pour ne pas lui rayer, son sillon comme un disque
Malheur si vous biaisez, avec votre obélisque
Il ne vous reste plus qu'un soin palliatif

Le jeudi 11 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 11:12
Modifié le jeudi 11 juin 2009 16:20

Le crépuscule de l'aube

Le crépuscule de l'aube
Le crépuscule de l'aube

J'ai fait le vide en moi, tari toutes mes sources
Créé comme un désert couvrant mon oasis
Où même les affreux, ni le noir Anubis
Ne se risqueront pas, car privé de ressources

Plus rien n'y poussera, et Phébus en sa course
N'envoie plus ses rais d'or qu'il met à rémotis.
La nuit les chats sont gris, moi je deviens métis
Relégué et banni derrière la grande Ourse

J'ai posé les scellées sur mes de profundis
Et serai ce qui fut, pas celui qui rembourse
Pour vous offrir ma nuit sans les paréatis

Faudra vous lever l'âme, elle n'est pas gratis
La valeur de ma part n'est pas cotée en bourse
Ma douleur, est doux leurre ainsi qu'aux temps jadis

Le mardi 9 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 09 juin 2009 16:12
Modifié le mercredi 17 juin 2009 00:38

Mal être

Mal être
Mal être

Je sombre dans la nuit grisé par l'alcool
Dans la douce âcreté des froides tabagies
Comme si absorbée par quelques effigies
Ma face diluait un noirâtre phénol

Les émaux des vitraux sont mes hémorragies
Couleurs exacerbées des cristaux en plein vol
Pulvérisés au ciel en pluies d'aérosol
Des Christs horizontaux, formes d'apologies

Toujours entre deux murs, le nez plaqué au sol
Soupirant soupirail en perte d'énergie
Je n'émets aucun son hormis ce long bémol

Le temple expiatoire à mes hémiplégies
Soignera mon écho où qu'il se réfugie
Et ses halos versés seront mon fort chabrol

Le samedi 6 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le samedi 06 juin 2009 10:41
Modifié le samedi 06 juin 2009 22:13

Petit ça ne vaut rien

Petit ça ne vaut rien
Petit ça ne vaut rien

A quoi bon mégotter : finis ta cigarette
Si ça te fait plaisir, bien que ce soit malsain
Finis aussi ton vers et vide aussi ton bain
Je passerai donner un coup à ta chambrette

Ce que tu as écrit ne valait pas tripette
Malgré tous tes efforts dilapidés en vain
Désolé tu n'as pas ce talent d'écrivain
Même si tu as cru un jour être poète

Tous ceux qui te l'on dit racontaient des sornettes
Désormais il faudra qui tu lèves la main
Ça ne vaut rien petit, seulement des broquettes

Pour la postérité et tes contemporains
S'il te plait en partant laisse une place nette
Mais si tu revenais ramène aussi du pain

Le vendredi 5 juin 2009 © Erdrek
# Posté le vendredi 05 juin 2009 04:19

Bang la dèche !

Bang la dèche !
Bang la dèche !

Que Ceylan sans mes tongs sur les bords du Mékong
Le palais n'est pas laid mais Lhassa se dépoile
L'Asie, les quolibets, Laos sur une étoile
Reste à chiner Chita déguisée en Viêt-Cong

A l'horizon Birman, un barman sur la toile
Avec son blue lagoon rançonne une ONG
C'est toujours comme ça quand on a le bras long
Ou l'on ferme les yeux, ou l'on porte le voile

Malais en Malaisie, juste avec une amie
Un vague tsunami sur mon anatomie
Nous sciâmes du bois de santal au Siam

Sciemment Siamangs, jouâmes du tam-tam
Elle était très versée dans la polygamie
Moi je restais prudent, au sein de son ashram

Le jeudi 4 juin 2009 © Erdrek

Tableau : La planète des mensonges, de Jean Gounin
# Posté le jeudi 04 juin 2009 04:53
Modifié le vendredi 05 juin 2009 10:12

On peut rêver

On peut rêver
On peut rêver

Le cerveau à l'envers je perpendiculaire
Alors qu'on s'est aimé au point d'en être ému
Il nous faut désormais appeler le Samu
Tu ne m'as pas tout dit : Allo ! L'auriculaire

Sait-on jamais pourquoi, par qui l'on était mû ?
Lorsque tombé de haut, de ce funiculaire
Je m'en vais prendre l'air dans un dictionnaire
Il se pourrait qu'un jour, j'y sois aussi promu

Pianiste ambulancier sur une courte échelle
J'avais le sentiment de tirer les ficelles
Au grand dam où mes cieux me seraient dévolus

Je me plus à rêver au fond d'une poubelle
Parmi les détritus dont tu ne voulais plus
Qu'en recyclant l'amour, l'ancien se renouvelle

Le lundi 1er juin 2009 © Erdrek
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# Posté le lundi 01 juin 2009 02:12

Les habits sales

Les habits sales

Les habits sales

Je me déguise en nu pour séduire Roxane
Une femme qu'aux bras, j'appréhende souvent
Tatoué d'un atout au motif aggravant
Qu'elle endort sur mon c½ur perclus et sans membrane

Sans y être invitée, dans mon lit, la sultane
Se donnait en spectacle et ce au tout venant
Lorsqu'à l'heure de pointe en un lieu culminant
J'ai ôté mes Ray ban, le film en cellophane

Quand les yeux dans les yeux ainsi que les organes
Au sépulcre vivant de son corps abyssin
Coagulent les pleurs et qu'un cri se pavane

Alors que le bas blesse au visage assassin
Et que la femme en skaï dans mon sky bleu turquin
Aux gouttières sans fin, s'ouvrent enfin les vannes.

Le vendredi 29 mai 2009 © Erdrek
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# Posté le vendredi 29 mai 2009 02:09
Modifié le samedi 06 juin 2009 22:17

Mâle dans sa peau

Mâle dans sa peau
Mâle dans sa peau

De vague à l'âme en veine bleu
Vaille que vaille mon étrave
Parcourt tes côtes en esclave
A la traine d'un long cheveu

Si tu savais ce que j'en bave
En sillages libidineux
Quand par gros temps filent les n½uds
Et que je boue comme la lave

Sur tes moutons en autoclave
Au ciel toujours d'un blanc laiteux
Je jetterai ici l'épave

De mon corps-mort encor fougueux
Aussi bohême que morave
Pour ne laisser aucune entrave

Le samedi 23 mai 2009 © Erdrek
# Posté le samedi 23 mai 2009 00:48

Tropique

Tropique
Tropique

Sur mon lit alangui qu'il prend pour un hamac
Dilapidant mon souffle en une gabegie
Le crabe incandescent qui brûle l'énergie
Aux frais de la princesse a posé son bivouac

Plus lourd qu'un repas froid au fond de l'estomac
Garde-moi de sombrer dans l'anthropophagie
Que mon sang soit ton vin, j'oublie l'½nologie
Mais pas de ce pain là, ni du fichu micmac

Tu me traines partout car je porte ton sac
Si la vie n'est pour toi qu'une simple bougie
Brulée par les deux bouts d'innombrables orgies

Dans un ciel maniéré des façons de trictracs
Mon espoir s'amoindri autant que la magie
De poser avec toi, nu sur un almanach

Le jeudi 21 mai 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 21 mai 2009 17:03
Modifié le vendredi 22 mai 2009 09:58