Le corps du cri

Le corps du cri
Le corps du cri

J'avais toujours rêvé au creux de mes nuits fauves
De rencontrer ma s½ur, la femelle guépard
Et de sentir ses crocs, acérés en poignards
Alors que dans ses bras, amoureux je me love

Mais sur le canapé d'une secrète alcôve
Elle m'avait tendu un de ses traquenards
Où ses baisers morsures attisaient mon regard
Comme martyrisé priant dieu qu'il me sauve

Alors que dans la nuit jubilant et jobard
A force de saigner mon teint devint blafard
En longs gémissements sous une lune mauve

Mon corps au stade ultime ainsi qu'une guimauve
Transcendait sa douleur en vue d'une mort sûre
Ma féline fêlure enleva ma gerçure.

2006 (c) Erdrek

# Posté le mardi 17 octobre 2006 01:31

Clair intime

Clair intime
Clair intime

Soleil de mes nuits resplendit
Fébrile et nu, corps translucide
Devant toi je reste lucide
Oublieras-tu ce que j'ai dit

Je me chauffe à cet astre noir
Comme à une lueur morbide
Où de nombreux infanticides
Saignent au livide entonnoir

A la porte étroite sans guide
Qui me sert parfois d'accoudoir
Je distille souvent mon fluide

Emaillé de gouttes d'espoir
Dans ce cocon, ma chrysalide
Encor maquillée d'un suicide.

2006 (c) Erdrek

# Posté le mardi 17 octobre 2006 01:15

Petite annonce

Petite annonce
Petite annonce

Jeune homme bien sous tous rapports
Cherche pour durée estivale
Une fille plutôt joviale
Qui dispose d'un passeport

Bien dans sa tête et dans son corps
Sans migraines abdominales
Pour pouvoir se faire la malle
En n'emportant qu'un justaucorps

Le genre compagne idéale
Qui de l'amour à la fringale
Et peut coucher parfois dehors

Je ne suis pas prince consort
Mais le monde est ma succursale
Alors nous y ferons escale.

2006 (c) Erdrek

# Posté le mardi 17 octobre 2006 01:01

Modifié le mardi 17 octobre 2006 01:13

Quid de moi

Quid de moi
Quid de moi

Loin des regards souvent je pleure
Sur ton épaule à toi la nuit
De désespoir aussi d'ennuis
De désoeuvrement ça m'écoeure

Et si ma joie parfois demeure
La pluie reste mon point d'appui
Je cache alors ce que je suis
Une expérience intérieure

Me façonnant tel un sculpteur
C'est là que je me désennuie
Me questionnant tel un questeur

Sous des forêts de parapluies
Je deviens mon usurpateur
Des cendres dont je suis la suie.

2006 (c) Erdrek

# Posté le mardi 17 octobre 2006 00:58

Modifié le vendredi 02 mars 2007 09:22

Un prénom pour la nuit

Un prénom pour la nuit
Un prénom pour la nuit

Chaque soir je me pointe, accès Trocadéro
Fier comme un bar tabac qui va faire du flouze
Avec la peur au ventre hanté par le barbouze
Devant qui j'ai tiré le mauvais numéro

J'arpente le béton sous quelques mots d'argot
Devant d'autres putains qui sont toutes jalouses
De ma virginité qu'il faut que je recouse
Après des nuits de passes, au c½ur juste un garrot

Mon prénom pour la nuit ce sera Figaro
A l'épreuve du temps aux mains des maestros
Le coeur déchiqueté, happé par des ventouses

Ma joie s'est envolée et les chiens crient haro
Car pour veiller sur moi, aucune blanche, blouse
Ne tente d'estomper aux yeux mon maudit blues.

Inédit 2006 (c) Erdrek
paru également sur le skyblog de oceannie

# Posté le lundi 16 octobre 2006 16:05

Modifié le vendredi 20 octobre 2006 15:04

Rimbaldienne

Rimbaldienne
Rimbaldienne

Pauvre Lélian*, les dieux s'acharnent sur nos têtes
Souffrez donc comme moi d'un bras si peu zélé
Par des pleurs qu'un regard aura sans doute enflé
De viser au hasard, sur la ligne de crêtes

A l'encre de mes yeux tout ce que je sécrète
Emmêlé dans mes draps aux bras de Sémélé
Sont des pattes de mouche ou des fac-similés
Maquillant mes nuits blanches, en ½illets du poète

Je ne sais pas tirer et pointe à l'aveuglette
Et lors de mon procès juges et proxénètes
Diront que j'ai couché parmi les champs de blé

Aux portes d'Allemagne Arletty peut gueuler
L'atmosphère n'est plus et la seine est replète
Juste pour un ciel bleu mon c½ur lui part en miettes

2006 (c) Erdrek
* anagramme de Paul Verlaine, prêté par Rimbaud

# Posté le lundi 16 octobre 2006 16:03

Déboîtements d'un corps billard

Déboîtements d'un corps billard
Déboîtements d'un corps billard

Dans mon auto critique allant à vive allure
J'ai vite fait le tour sans mettre la ceinture
Et demeure au point mort, le pied sous le plancher
Bien que dans les virages, il faille se pencher

Sous le capot râle un de mes chevaux vapeur
Mon moteur de recherche envenime mes peurs
Mais personne à la ronde en boîte automatique
N'use d'avertisseurs, nuisible rhétorique

Je mégote au passage et vide un cendrier
Au regard convulsif d'un passage clouté,
J'ai pris trop de bains zen dans ce réservoir dog

Les ailes déboîtées comme un certain Van Gogh
Dans ma lunette arrière autant que je m'enquiers
Si je suis assuré ou si ce n'est qu'au tiers.

2006 (c) Erdrek

# Posté le lundi 16 octobre 2006 15:54

Modifié le dimanche 22 octobre 2006 03:46

Pas de panique !

Pas de panique !
Pas de panique !

Elle avait ôté son soutif
De ses oranges mécaniques
Et son sourire emblématique
M'avait rendu radioactif

Je demeurais contemplatif
En sentant ma tringle arthritique
Grossir de façon endémique,
Surpris un peu, je suis chétif

Que ce loisir récréatif
A ma décharge (tellurique)
Demanda des soins palliatifs,

Bourré de tocs parfois de tiques
Au fond je suis un affectif :
Il ne faut pas que je panique.

2006 (c) Erdrek
Tableau de Fernando Botero

# Posté le lundi 16 octobre 2006 15:50

Modifié le lundi 16 octobre 2006 16:00

La nuit de Walpurgis

La nuit de Walpurgis
La nuit de Walpurgis

On a pris soin la nuit de hisser le grand mât
Et sur ce tronc lissé de l'enduire de colle
Au sommet couronné ainsi qu'une corolle
Trônait enrubanné un splendide méat

Et les jeunes recrues en mal de célibat
Se pressaient contre lui sans autre protocole
Excités, comme fous sur ce vît qu'on cajole
En grimpant tour à tour, les fieffés renégats

J'ai choisi ce soir où, les étoiles s'étiolent
Pour verser dans ton corps d'infimes ostioles
Ce stupide verjus, épandu en crachats

En décochant la lune au singulier combat
Cette salve de fleurs, offerte à mon idole
Qui sous cette coupole attendait un goujat.

2006 (c) Erdrek

# Posté le lundi 16 octobre 2006 15:11

Modifié le lundi 16 octobre 2006 15:26

Cerveau vaisselle

Cerveau vaisselle
Cerveau vaisselle

Sous les palétuviers un orage ruisselle
Qui redouble de rage en voyant ma faconde
Comme si sous l'évier il manquait une bonde
Saoule et laid, l'évitant je prends une gamelle

La mangeoire du chien était presque profonde
Je pagaie c'est pas gai dans un bruit de crécelle
Et passe un pont-levis où échoue l'écuelle,
Devenu détritus en un quart de seconde

Je m'extrais empoignant un bras à la rotonde
Qui se met à tourner aspergeant mes aisselles
Parmi tous les couverts jetés là pêle-mêle

Je suis comme piégé, pour peu qu'on me confonde
Et pourtant, de très loin, j'entends bien qu'on m'appelle
Englué dans mes vers, faut-il que je réponde ?

Inédit 2006 (c) Erdrek
Tableau de Hans Joachim Füssli

# Posté le lundi 16 octobre 2006 14:17