Femme sans alibi

Femme sans alibi
Femme sans alibi

Seule à savoir tout ce qui cloche
Elle tire un trait de crayon
Du mascara sur des reproches
Et des années de dévotion

Lui il a pris de la brioche
Et aussi un double menton
Il ne supporte plus les mioches
Car il caresse du bouchon

Elle est seule devant sa glace
A supporter ses vexations
Mais attend que cela se passe

Et pense avec résignations
A cet époux qui joue l'hommasse
Et sa pension de reversions.

2006 (c) Erdrek

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 02:31

Instant Karma

Instant Karma
Instant Karma

Brûler ma poudre en coups de foudres
Mon grain de sel en grain à moudre
Sans encombre dans les décombres
Passer de l'ombre à la pénombre

Lever le doute et lui répondre
Me fondre en elle à tout confondre
M'engouffrer dans chacun des gouffres
Jouer aussi avec le souffre

L'enjoindre enfin à me rejoindre
Dans un baiser et non des moindres
Oter tout ce qui nous accoutre

Et plonger dans le Brahmapoutre
En découdre puis tout recoudre
L'absoudre et aussi me dissoudre.

2006 (c) Erdrek

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 02:18

L'amère à boire

L'amère à boire
L'amère à boire

La mer en apparence est une forme plate
Dont les seins morcelés renvoient au baldaquin
Tous les yeux qui clignotent et les regards taquins
Du soleil que sa course emprunte à mes pénates

Elle cache dessous ses longues omoplates
Tout ce qui a sombré de sequins, de succins
Une pensée profonde, un joyeux spadassin
Des galions empilés, par-dessus des frégates

La mer bière un repère, un nid pour les pirates
Se fiche éperdument du serment d'Hippocrate
Laissant à sa rivale au mieux un orphelin

Tous ceux qui ont jeté de pudiques grappins
Ne sont pas plus manchots que certains culs-de-jatte
Mais se méfient toujours de son vil intestin.

2006 (c) Erdrek

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 01:58

Sexe aphone

Sexe aphone
Sexe aphone

Nos chiffres inversés sans qu'un clairon claironne
Elle sur mon saxo, mon nez dans son trombone
Elle me dit souvent que c'est moi qui déconne
Mais là je n'entends rien, j'avoue que ça m'étonne

Nous jouions quelques fois l'après-midi d'un faune
Elle en goupil main rouge astiquant le nain jaune
Et moi baby alone au sein de Babylone
Comme ces peigne-culs réclamant une aumône...

De cette brèche ouverte une langue pendait ?
Les femmes en ont plusieurs ; l'une dit des bêtises
Et si l'autre parlait ce serait ma hantise

Lorsque l'une aide l'autre, affaire pardonnée
Mais pas de vent mauvais au creux de la vallée
Souffler n'est pas jouer m'est avis qu'on le dise.

2006 (c) Erdrek

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 01:50

Modifié le dimanche 15 octobre 2006 07:28

A mardi !

A mardi !
A mardi !

Noyé sous la mousson de ses larmes trop chaudes
J'ai croisé dans la rue, sorti d'un tsunami
Le regard éperdu sans doute d'un ami
Qu'un désordre amoureux d'une belle taraude

Toute l'eau de son corps dans ses yeux émeraude
Miroitait plus que l'or extrait d'Abyssinie
Le visage de Paul quand il perd Virginie
Mais à côté de lui cette ingénue minaude

Et mérite c'est sûr plus qu'une chiquenaude
Elle avait moins de jus qu'un bouillon refroidi
De sa bouche ahurie elle dit _à mardi !

Il ne lui restait plus qu'à se jeter dans l'Aude
Quant un chat craint l'eau froide une chatte l'échaude
Que déjà dans son oeil une larme a tiédi.

2006 (c) Erdrek

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 01:48

Suicide mode d'emploi

Suicide mode d'emploi
Suicide mode d'emploi

J'ai comme une lenteur à me précipiter
Du haut de ce plongeoir dans la fosse commune
D'éveiller les soupçons, les rancoeurs, les rancunes
L'important à mes yeux est de participer

Dextérité gauchère habile à me vautrer
Je manie le poison comme le pied : l'enclume
Le gaz à inhaler aussitôt je m'enrhume
Et le pétard mouillé de ce colis piégé

Que j'envoie par mégarde à tous mes créanciers,
La corde à noeuds coulants me sert pour mon costume
Rien qu'à la vue du sang, je deviens un légume

Ce n'est pas évident je crains de m'estropier...
Noyé si je pouvais : léger comme l'écume
Je tente pour le tout d'errer sur le bitume.

2006 (c) Erdrek

# Posté le samedi 14 octobre 2006 16:41

Qui rira le dernier

Qui rira le dernier
Qui rira le dernier

La porte du tombeau vous sera condamnée
Fermée de l'intérieur comme les cabinets
Veuillez laisser l'endroit tel que vous le trouvez
Dans l'état insalubre et de malpropreté

Un claquement de dents si le vent s'insinue
La peur qui vous saisit aux bras d'un inconnu
En décomposition devant ce singe nu
Porter jusqu'en enfer l'odeur d'une ingénue

Le ciel crible ses yeux d'un bleu livide et froid
Sur son vieux palefroi Sganarelle accoudé
Attend que ce Monsieur finisse son chaud-froid

Les cierges consumés sur des miroirs sans tain
Reflètent ses cheveux par le temps oxydés
Qui rira le dernier, Don Juan s'est éteint.

inédit 2006 (c) Erdrek

# Posté le samedi 14 octobre 2006 15:50

Saudade

Saudade
Saudade

Ainsi quand la marée se retire de moi
Mon corps laisse entrevoir une tôle ondulée
Et la peau sur les os, les côtes efflanquées
Je m'abaisse à te plaire et fais n'importe quoi

L'azur et l'océan, jouerons les suppléants
Sur la pointe des pieds les oiseaux sont tombés
Le vent cesse de geindre et le souffle coupé
Sans portance de voix creuse des trous béants

Je m'échoue puis j'attends que mes larmes renflouent
Ces poissons hors de l'eau suffoquant dans la boue
La houle est à la foule un piétinement

Tumultueuse et sourde à mes débordements
Au galop d'un cheval une vague ruade
Je veux mourir de toi à m'en rendre malade.

2006 (c) Erdrek

# Posté le samedi 14 octobre 2006 08:35

Modifié le samedi 14 octobre 2006 09:58

La Friponne

La Friponne
La Friponne

Si je n'ai su tâter par-dessous la friponne
Pour savoir si mon glas sous ta cloche résonne
Quel est ce taffetas, une simple rayonne ?
De quel bronze est-ce fait pour que j'y carillonne

Dis-moi pour t'enlever si tu pèses une tonne
J'attendrai pour cela que vienne l'automne
Ainsi donc dénudée il faut que tu pardonnes
Sans me déboutonner, des mains que j'amidonne

Car je m'astique un peu, c'en devient monotone
Pour que ça aille mieux quand d'autres s'époumonent
Afin de t'émouvoir tant tu m'impressionnes

Il faudra qu'à ce jeu, je me perfectionne
Mais suis lassé démone alors que tu plastronnes
De voir à tes mollets ce chien qui s'y cramponne

2006 (c) Erdrek
(La friponne nom d'un jupon sous l'ancien régime)

# Posté le samedi 14 octobre 2006 07:22

Modifié le dimanche 14 janvier 2007 23:07

Bizarre autant qu'être ange

Bizarre autant qu'être ange
Bizarre autant qu'être ange

Un peu trop tête en l'air en cela rien d'étrange
On m'avait souvent dit : t'as la gueule d'un ange,
Seul sur mon ciel de lit sans faire trop de bruit
Je me cogne aux étoiles, en marchant dans la nuit

Souvent réprimandé si je donne le change
J'épuise mon forfait, maudite carte orange
Point sonneur des lits là et du tutti quanti
Je m'enduis en erreurs malgré un démenti

Pratiquement absent au coeur de nos échanges
Si je suis tête en l'air, la faute à mes phalanges
Je n'ai su préserver aucun des sauf-conduits

Lors de mes errements d'amoureux éconduit
Il ne me reste plus qu'à remettre mes langes
Mes bénignes douleurs sont des maux d'érudit.

2006 (c) Erdrek

# Posté le samedi 14 octobre 2006 06:24

Modifié le dimanche 05 novembre 2006 12:39