Les hourvaris stupides

Les hourvaris stupides
Les hourvaris stupides

Je suis ce cheval fou et qui rit aux éclats
Décrochant sa mâchoire en milliers d'étoiles
Que propage la nuit d'un splendide incarnat
Comme on jette les dais, tout en perçant le voile

Mieux, que ne le feraient les Agates des chats
Quand brillent ces zircons sous le barnum sans toile
Ils sont plus précieux que leur poids en carats
Et réchauffent mon corps, astre mort à leur poêle

J'ai laissé aux sillons qu'irriguaient les soldats
Leur plus belle conquête, un travail de forçat
Et dans la voie lactée de mes feux de Bengale

Les dents disséminées en petits agrégats
Je balise le ciel de hourrah ! De vivats
Sous mes pieds racornis délivrés de sandales

Le jeudi 16 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 16 juillet 2009 02:08

Modifié le jeudi 16 juillet 2009 15:50

Ballade d'un pendu

Ballade d'un pendu
Ballade d'un pendu

Nous-nous sommes quittés sur un malentendu
La fougue de nos c½urs purs, jamais ne transige
Et plus durs que la pierre alors que l'on se fige
Nous fixâmes d'un ½il nos corps secs, attendu

Que les mots de ta bouche où j'étais suspendu
N'avaient plus les effets que donne le vertige
Le temps s'est écoulé, laissant place aux vestiges
Nos ruines étaient comme des résidus

Depuis j'ai tout appris de la haute voltige
Un peu stone au gibet mais des plus assidus
Je perds pied quelques-fois, faisant aussi la pige

Au juge indifférent des malheurs qu'il m'inflige
La nature en ces lieux a repris tout son dû
Incitant d'arbre en arbre à jouer les pendus

Le mercredi 15 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le mercredi 15 juillet 2009 06:29

Modifié le mercredi 15 juillet 2009 08:16

Soixante-huitième parallèle

Soixante-huitième parallèle
Soixante-huitième parallèle

La girouette au vent finit par se fixer
Quand la rouille vient à bout de son alliage
Etre coupant ne suffit pas quelque-soit l'âge
Le tranchant doit toujours avoir l'air émoussé

Ou trop jeune, ou trop vieux pourquoi tergiverser
Les vieux sont envieux, ce n'est plus de leur âge
De pouvoir se livrer à des enfantillages
La relève à sonné qui viendra les pousser

Les jeunes sont pressés et veulent se hisser
Sur le pont pour passer très vite à l'abordage
Mais le temps grippera tout leur bel engrenage

Bien qu'ils aient la dent dure, et prêts à tout casser
Pas plus que leurs aînés dans le même sillage
Ils ne retrouveront sous le pavé la plage

Le mardi 14 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 14 juillet 2009 02:51

Modifié le mardi 14 juillet 2009 12:28

Ennui mortel

Ennui mortel
Ennui mortel

Où me mènent mes pas ? Où me mène ma vie ?
Je chemine sans but attendant mon trépas
Dans un mortel ennui, où me mènent mes pas ?
Avancer, reculer : je n'en ai plus envie

Pour qu'au jour du grand soir, où la mort me convie
A démagnétiser les pôles de mes bras
Et mordre la poussière en guise de repas
Arrosé d'eau-de-vie parfaitement obvie

J'ai toujours dans la poche : un petit ver à soie,
Un os qui sert d'appas comme un cheval de Troie
pour ma terre promise : une péripétie

Et je sens dans mes yeux se poser le verglas
Qui glisse lentement mon regard vers les bas
Pas une fin en soi, juste une facétie

Le lundi 13 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le lundi 13 juillet 2009 00:27

Modifié le lundi 13 juillet 2009 06:38

Soit dit sans offenser la divinité

Soit dit sans offenser la divinité
Soit dit sans offenser la divinité*

Tapi comme un soudard, fourbe et malicieux
Je guette dans le noir et ce depuis des lustres
Sous la lune charnue cette cité lacustre
Qui n'offre aucun rempart au plus séditieux

Douves d'où vient cette eau aux bienfaits précieux
Dont la vertu exalte et rend aussi illustre
Même le besogneux ou le plus vil des rustres
Aux prises avec un besoin impérieux

Rêvant d'un traversin où poser mon balustre
Dans cet Eldorado liquide et spongieux
Qui me tourne le dos agile et gracieux

Cherchant un dénouement à l'envie qui la frustre
Dans ce jeûne observé qui fit des envieux
Je déploie mes trésors les plus ingénieux

Le dimanche 12 juillet 2009 © Erdrek
* Sit venia verbo
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# Posté le dimanche 12 juillet 2009 04:59

Modifié le jeudi 27 août 2009 10:25

Ecrivez votre nom dans un coin du tableau

Ecrivez votre nom dans un coin du tableau
"Ecrivez votre nom dans un coin du tableau"*

L'automne et le printemps sont ses quatre saisons
Un sous-bois qui rouit ou fleurit à l'orée
Une goutte de pluie transcendée en rosée
Pour sûr qu'il en fera des odes à foison

D'un verbe alambiqué par ses déclinaisons
D'un mot vite oublié, d'une onomatopée
Pour sûr qu'il en fera de grandes mélopées
Préférant boulingrin pour parler de gazon

Ce qui grouille et qui rampe, il en fera des vers
Pour lui tout tient debout quand bien même à l'envers
Evitant de rimer : aime avec pénultième

Sur tous les gazouillis, pose un diapason
Car c'est dans l'harmonie que se crée un poème
Où même la raison souffre en comparaison

Le samedi 11 juillet 2009 © Erdrek
* Vers de Jacques Prévert
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# Posté le vendredi 10 juillet 2009 23:48

Modifié le mardi 11 août 2009 05:42

Faut-il en rire ?

Faut-il en rire ?
Faut-il en rire ?

Ce qu'il y a d'humain dans l'homme est son sourire
C'est ce qui le distingue ainsi de l'animal
Mais dans la cruauté, il n'a pas son égal
Quand capable du mieux il peut faire le pire

Il n'a donc rien appris hormis lire et écrire
Puisque son seul but est de répandre le mal
Avec la loi pour lui, tout ou presque est normal
Et pourtant la dessus il y-a beaucoup à dire

Rire n'a rien d'humain lorsqu'il est bestial
Alors qu'on en est qu'au stade expérimental
Il n'a pas les vertus de l'air que l'on respire

Pronostic engagé en aucun cas vital
Car dieu ne rit jamais, sous son masque de cire
Et l'homme à son image est-il l'être idéal ?

Le vendredi 10 juillet 2009 © Erdrek

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 04:50

A l'ombre de la mer

A l'ombre de la mer
A l'ombre de la mer

Les amarres rompues et en déliquescence
J'ai choisi de dormir aux grandes profondeurs
Ignorant la surface au profit des splendeurs
De ce monde authentique aussi désert que dense

Une opaque clarté, d'un bleu tout en nuance
Estompe les détails et voile l'impudeur
Qui dans un flottement de timide tiédeur
Fera me balloter, bercer comme en enfance

Sur un banc de poissons, non loin, le commandeur
Me rappelle à souhait l'insistante présence
Et ce festin de pierre inscrit dès ma naissance

Done Elvire à mes pleurs avec tact et froideur
Pose son doigt tremblant sur ma bouche en silence
Où mon âme scellée laisse un corps sans défense

Le jeudi 9 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 09 juillet 2009 07:29

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 15:10

Amour dont j'ai connu...

Amour dont j'ai connu...
Amour dont j'ai connu...

Amour dont j'ai connu les affres et doux heurts
Laissez-moi maintenant, ça n'a plus d'importance
Je n'accepte aujourd'hui que les condoléances
Pour ma vie de dépit et de petits bonheurs

Moi qui parmi les vers n'était que le souffleur
Et qui d'un condamné assume la sentence
Je marcherai loin d'eux, à égale distance
La faute sans doute à notre dame des fleurs

Dont j'évite l'éclat miroitant des rosaces
Et j'ai pour cela des cailloux dans ma besace
Ses buts ne sont pas ceux auxquels s'attend mon c½ur

Mes yeux d'amour aveugle ont quelques clairvoyances
Quand j'extrais d'une chair la divine liqueur
C'est armé d'une lance et au bout ma semence

Le mercredi 8 juillet 2009 © Erdrek
A Jean Genet

# Posté le mercredi 08 juillet 2009 05:29

Modifié le mercredi 08 juillet 2009 15:25

Endymion

Endymion
Endymion

Vous qui a mon chevet attendez que j'expire
E me tenant la main dans un geste touchant
Savez-vous si mes yeux abordent le couchant
Dans les bras de Morphée qui cache son sourire

Vous m'avez soutiré tout ce que j'ai à dire,
Tiré les vers du nez, ça c'est moins alléchant
Ecouté m'accorder à la teneur des chants
Que la terre libère et sous sa peau transpire

Dominant dans le noir votre appétit tranchant ;
Vous prêtiez tous les sons à ma lyre en délire
Afin que nul ne puisse hormis vous les traduire

Assujetti aux v½ux de mes faibles penchants
Je porte mort ou vif, mes deux masques de cire
Qui auraient bien besoin d'un coup de détachants

Le mardi 7 juillet 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 07 juillet 2009 07:04

Modifié le lundi 31 août 2009 03:18