Guettez mon Parnasse

Guettez mon Parnasse
Guettez mon Parnasse

Il ne manquait plus qu'elle et son rire subtil
Au banquet de ma fin, elle seule est manquante
Lorsque j'y paraissais passé minuit sonnante
Faisant du réchauffé de mon corps puéril

Pour apaiser ma faim, l'½il rivé au nombril
Tandis que je bâfrais, mon âme se sustente
Mais tout passe à côté par le canal d'Otrante
Ma peau part cheminer sur mes os sans péril

J'entends son rire au loin, ce n'est que du grésil
La mort qui jette un froid n'est pas appétissante
Mais se la pète un peu, la pécore est pédante

Comme j'ai le nez creux parsemé de persil
Moi qui me serais tu, la langue bien pendante
Je l'invite au buffet par un gentil babil.

Le mercredi 17 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le mercredi 17 juin 2009 04:37

Modifié le mardi 23 juin 2009 09:47

Seras-tu comme hier ?

Seras-tu comme hier ?
Seras-tu comme hier

Pleurer tant que je peux, ne remplit pas la mer
Les éponges au fond ont aspiré mes larmes
Et il ne sert à rien que je lève les armes
Contre cette innocente avec un goût amer

Si contre un être humain on peut croiser le fer
Devant les éléments, il n'y a aucun charme
C'est inutile et vain de faire un tel vacarme
Victoire à la Pyrrhus, défaite à la Kléber

Je sais que tu glissas sous la nappe outremer
En ne te voyant plus, je fis donner l'alarme
Inconsolable amant perdant un être cher

Je mendie ton retour comme Orphée aux enfers
Et mène mon enquête ainsi qu'un faux gendarme
Marée basse et vaseux à trier dans les vers

Le mardi 16 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 16 juin 2009 12:50

Une santé de fer

Une santé de fer
Une santé de fer

En pelote évidée si mon corps corrobore
Ma vie tiens à un fil qu'Ariane à tissé
Barbelé tout rouillé dont je suis hérissé
Car petit à petit, je sens qu'il me perfore

Stupide corde à n½uds coulant, de mon passé
Dont j'ai perdu la clé d'entrée je le déplore
Mitigés mil miroirs minuscules m'ignorent
Ce que je donne à voir sans doute est déplacé

Me trouvant nez à nez avec le minotaure
Au dédale des yeux d'un sourire glacé
Je vois sa mise à mort, en moi qui s'élabore

Plus une goutte alors ne sera à verser
Que ce jus qui rend fou extrait de l'ellébore
Et mon bras agité ainsi qu'un sémaphore

Le mardi 16 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 16 juin 2009 04:43

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 10:44

Lubies d'esthète

Lubies d'esthète
Lubies d'esthète

Je fais tout de travers et c'est ce qui m'inquiète
D'abord prendre un dessert avant le picotin
Lire un livre à l'envers, commençant par la fin
De fâcheuses manies ou des lubies d'esthète ?

Parfois je dors debout sans que je me dévête
Nu comme un ver l'hiver croyant qu'on est en juin
Au premier rendez-vous, je me pose en lapin
Pourquoi donc s'engager si demain tout s'arrête

Lorsque je veux sortir, je rebrousse chemin
Et pourrais être élu avant même un scrutin
J'ai rendu bien avant, tout ce que l'on me prête

Même une fausse idée ou du menu fretin
Et pieds et poings liés, je marche sur la tête
Comme un Antipodien qui n'est guère à la fête

Le dimanche 14 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le dimanche 14 juin 2009 22:27

Modifié le lundi 15 juin 2009 16:08

Vie d'ange

Vie d'ange
Vie d'ange

Ce flot qui coule en moi d'improbables vendanges
Est comme lui : rubis, et me met en émoi
Me plonge aussi parfois en profond désarroi
Lorsque par alchimie, c'est en vin qu'il se change

Son fruit est un poème alors je m'en arrange
Effluves d'affluents pas tous de bon aloi
Dès lors que ma peau aime, il est prêt à l'emploi
Je n'ai qu'à mettre en branle une de mes phalanges

J'ai su, quand j'ai sué : l'issue était en moi
Et pour qu'il soit conçu, je prends d'odieux mélanges
Ceux qui rendent bossus le premier des archanges

Ou l'aérien Pégase : un sombre palefroi
Car mon sang s'est mué en huile de vidange
Libérant mon esprit, après mon corps se venge

Le samedi 13 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le samedi 13 juin 2009 17:25

Modifié le lundi 15 juin 2009 09:35

Les mots

Les mots
Les mots

Ils reviennent sans cesse ainsi que des émaux
Les mots, les mêmes mots, toujours en attelages
Qui traversent les temps, venus du fond des âges
Aussi fossilisés qu'ils semblent des coraux

Alors mis bout-à-bout, droits sortis de la chaux
Ils sont tels des oiseaux échappés de leurs cages
Drôle de mécanisme, ils remplissent des pages
Et forment à leur tour de bien jolis vitraux

J'ai eu entre les mains tous les matériaux
Jamais comme ceux-ci en formes de jambages
Car j'ai peur de grimper sur leurs échafaudages

Ils vous emmèneraient très loin sur leurs vaisseaux
Mais leurs coques de noix chavirent les cerveaux
Qui peuvent s'abîmer lors de certains voyages

Le vendredi 12 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le vendredi 12 juin 2009 08:31

Champs de leurres

Champs de leurres
Champs de leurres

Corps, hall de gare happé par des filles en fleur
Quand je suis bouche bée prêt à gober la mouche
Je voudrais que ma bouche à ta bouche s'abouche
Et qu'on puisse accoucher pas que dans douleur

Ne plus faire son lit, qui est comme on se couche
Dans les roses finir au tapis, beau parleur
Après s'être pâmé reprendre des couleurs
Etat d'embryonnaire à nos cellules souches

Regarder le désastre et mesurer l'ampleur
Se dire qu'après tout c'était une escarmouche
Et que ton maquillage a besoin de retouches

Lorsqu'on n'a pas vu les signes avant-coureurs
Prendre un bain de soleil aux premières lueurs
Emperlé de rosée comme après une douche

Le vendredi 12 juin 2009 © Erdrek
illustration: "filles en fleur" de odilon redon
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# Posté le vendredi 12 juin 2009 00:11

Modifié le vendredi 12 juin 2009 04:39

Prise de risques

Prise de risques
Prise de risques

Plus rouge qu'un homard, Shérif devant ça bisque
Est-ce qu'il valait mieux que j'esquive l'esquif
Il faut se préserver d'un jugement hâtif
Ce qui fait qu'à kiffer on peut prendre des risques

Au lieu des sentiments sortir les grands poncifs
Ou à portée de main tenir un bon lexique
Ce que je crains au pire : est qu'on me le confisque
Dans ce cas seulement demeurer évasif

Car pour se mesurer avec une odalisque
Je n'ai pas hésité à tailler dans le vif
Evitant une entorse ou le coup de canif

Pour ne pas lui rayer, son sillon comme un disque
Malheur si vous biaisez, avec votre obélisque
Il ne vous reste plus qu'un soin palliatif

Le jeudi 11 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 11:12

Modifié le jeudi 11 juin 2009 16:20

Le crépuscule de l'aube

Le crépuscule de l'aube
Le crépuscule de l'aube

J'ai fait le vide en moi, tari toutes mes sources
Créé comme un désert couvrant mon oasis
Où même les affreux, ni le noir Anubis
Ne se risqueront pas, car privé de ressources

Plus rien n'y poussera, et Phébus en sa course
N'envoie plus ses rais d'or qu'il met à rémotis.
La nuit les chats sont gris, moi je deviens métis
Relégué et banni derrière la grande Ourse

J'ai posé les scellées sur mes de profundis
Et serai ce qui fut, pas celui qui rembourse
Pour vous offrir ma nuit sans les paréatis

Faudra vous lever l'âme, elle n'est pas gratis
La valeur de ma part n'est pas cotée en bourse
Ma douleur, est doux leurre ainsi qu'aux temps jadis

Le mardi 9 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le mardi 09 juin 2009 16:12

Modifié le mercredi 17 juin 2009 00:38

Mal être

Mal être
Mal être

Je sombre dans la nuit grisé par l'alcool
Dans la douce âcreté des froides tabagies
Comme si absorbée par quelques effigies
Ma face diluait un noirâtre phénol

Les émaux des vitraux sont mes hémorragies
Couleurs exacerbées des cristaux en plein vol
Pulvérisés au ciel en pluies d'aérosol
Des Christs horizontaux, formes d'apologies

Toujours entre deux murs, le nez plaqué au sol
Soupirant soupirail en perte d'énergie
Je n'émets aucun son hormis ce long bémol

Le temple expiatoire à mes hémiplégies
Soignera mon écho où qu'il se réfugie
Et ses halos versés seront mon fort chabrol

Le samedi 6 juin 2009 © Erdrek
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# Posté le samedi 06 juin 2009 10:41

Modifié le samedi 06 juin 2009 22:13